Les tragiques événements de Madrid ont fait perdre aux marchés leur belle assurance et les indices sont revenus à leur niveau de début d'année.
Retour aux heures sombres la confiance s'envole et les optimistes d'hier anticipent le pire là où ils espéraient le meilleur. Peut-être avaient-ils oublié un
peu vite que l'incertitude, et même l'inquiétude, sont dans la nature de nos marchés de haute mer, régulièrement secoués par des tempêtes qui n'épargnent
guère les imprudents.
Le talent du gérant, comme celui du navigateur, est de ne pas perdre le cap ; il doit savoir tirer des bords si les vents sont contraires et réduire la voilure par gros temps.
Telle est la gestion « cardinale » : une gestion active qui sait réagir dans les moments difficiles, loin de la « gestion » indicielle ballottée par les courants.
Gestion prudente, la gestion cardinale est proche de la gestion alternative par sa capacité à s'abstraire de l'évolution générale des marchés et à tirer bénéfice de leur volatilité. Elle s'en distingue par sa transparence et sa liquidité. La gestion cardinale permet de concilier performance et maîtrise des risques, conformément au souhait des investisseurs.
Un portefeuille qui a perdu 50 % doit progresser de 100% pour retrouver sa valeur initiale. Nombreux sont ceux qui l'ont appris à leurs dépens. Ils avaient choisi un « profil dynamique » et doivent regretter aujourd'hui d'avoir choisi le profil de leur portefeuille et non celui de leur gérant.
Warren Buffet l'a dit très joliment : « C'est quand la mer se retire que l'on voit ceux qui nageaient nus ».
GÉRARD AUGUSTIN-NORMAND