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Les fonds « carte blanche », plus forts que la Bourse

Détails

Roland FERNET
  • Date: 01 mars 2004
  • Source: Capital
  • Interview de Roland FERNET
Capital

Les fonds « carte blanche », plus forts que la Bourse

A la différence des autres, les gérants de ces produits peuvent investir là où bon leur semble : actions, obligations, or, titres monétaires, etc. Résultat : tous battent largement le CAC 40...

A la différence des autres, les gérants de ces produits peuvent investir là où bon leur semble : actions, obligations, or, titres monétaires, etc. Résultat : tous battent largement le CAC 40.

Depuis que les marchés actions ont retrouvé des couleurs (le CAC 40 a gagné 50 % en dix mois), les épargnants reprennent peu à peu le chemin de la Bourse. Et, par commodité, ils choisissent le plus souvent d’y investir à travers des Sicav ou des FCP. Le problème est que la plupart de ces fonds se contentent de suivre peu ou prou l’évolution des indices boursiers. Telle est en effet la consigne donnée à leurs gérants. Résultat : vous gagnez de l’argent tant que le CAC 40, le Dow Jones ou l’Euro Stoxx 50 sont orientés à la hausse, mais vous buvez le bouillon dès que les indices piquent du nez, comme cela a été le cas entre 2000 et 2002.
Il y a pourtant, désormais, un moyen d’échapper à cette fatalité : souscrire à des fonds dits « réactifs », « flexibles » ou, plus communément, « carte blanche » car leurs gérants, à la différence de ceux de fonds classiques, ont les mains totalement libres pour investir sur les marchés actions, obligations et monétaires du monde entier. Ils peuvent, par exemple, parier pendant quelques semaines sur une envolée des start-up américaines, puis tout revendre du jour au lendemain pour se repositionner sur des emprunts d’Etat ou encore mettre le paquet sur deux ou trois grandes valeurs européennes. Autrement dit, leur mission est de capter la performance là où elle se trouve. Et leurs résultats dépendent de leur flair.

Cinq fois mieux que le marché parisien en quinze ans

La plupart des fonds « carte blanche » ont été lancés après le début de 2001. Pour les juger en connaissance de cause, il fallait attendre deux ou trois ans. Nous y sommes pour sept d’entre eux (sur les 15 qui existent sur le marché). Conclusion : tous ont réussi à suivre, voire à battre les performances de la Bourse quand elle montait et ont limité considérablement les dégâts quand elle baissait. Certains affichent même des scores époustouflants.
(…) De son côté, Richelieu Evolution, le fonds piloté par Roland Fernet, a dégagé une plus-value de 52 % depuis sa création en mars 1999, tandis que la CAC 40 cédait 13 %. « C’est le placement idéal pour profiter de la hausse des actions sans avoir à se demander en permanence s’il faut conserver ou vendre, comme c’est le cas avec les fonds classiques », résume Pierre Haesebrouck, directeur général de Sicavonline, un supermarché de fonds accessible sur Internet.
Toutefois, ne comptez pas sur votre banquier pour vous proposer un fonds « carte blanche » géré par ses équipes. Trop risqué pour lui : avec ce genre de produit, il est directement responsable en cas de mauvaise performance. Alors que, avec un fonds classique, il peut toujours dire : « Pas de chance, c’est la faute de la Bourse. » Les fonds « carte blanche » sont donc conçus et gérés par des petites maisons de gestion comme Carmignac, Richelieu Finance ou SPGP. C’est pour elles une façon de se distinguer des grands réseaux bancaires.

Il suit le CAC à la hausse mais amortit sa baisse

Un peu d’obligations et beaucoup d’actions, mais toujours achetées à la casse : voilà la formule qui permet à ce gérant de figurer dans les toutes premières places des palmarès boursiers (code d’achat FR0007030283).

L’objectif du fonds et ses résultats. Dégager une performance annuelle comprise entre 5 et 10 % sur cinq ans. Le bilan de ce fonds, créé en mars 1999, est très bon : le gain moyen sur la période est d’environ 9 % l’an. A signaler : grosso modo, Richelieu Evolution a baissé trois fois moins que le CAC en 2001 et 2002, et a gagné autant que le CAC en 2003.

La méthode du gérant. Pour tenir son objectif, Roland Fernet consacre généralement 40 % de son portefeuille aux actions, le solde étant investi en obligations. Lorsque les marchés frémissent, il augmente la voilure jusqu’à détenir 90 % d’actions. Mais toujours dans la zone Europe, celle qu’il connaît sur le bout des doigts. Avec une préférence pour la France (près de 50% de son portefeuille), l’Espagne et les Pays-Bas. Surtout, il se cantonne aux entreprises maltraitées en Bourse, comme Ciments Français, Vinci, ou encore Carrefour Espana, la filiale espagnole du géant de la distribution, dont les décotes par rapport à leur vrai cours sont estimées entre 18 et 35%. En plus de leur potentiel de rebond, ces titres ont l’avantage de mieux résister lorsque les marchés boursiers chutent.
L’avis de Capital. Un fonds attractif pour ceux qui recherchent un placement performant sur le moyen terme, tout en étant à l’abri des très grosses secousses de la Bourse.