On parle de niveau de valorisation historiquement bas pour les valeurs pétrolières. Est-ce que c'est le moment de se positionner ?
"Il est clair que la hausse du prix de pétrole, que l'on imaginait courte et nerveuse, s'avère plus durable. Cela devrait donc favoriser les résultats comptables des entreprises du secteur dans les mois qui viennent. Compte tenu des baisses de cours enregistrées en Bourse, on peut légitimement penser qu'il y a un décalage et que les gains ne sont pas pris en compte dans les cours. Néanmoins, il faut rester très prudent en raison du contexte international."
De tous les scénarios sur le prix du baril de pétrole, lequel est privilégié ?
"C'est très difficile de dégager un scénario. Selon les experts, le prix d'équilibre devrait se situer entre 18 et 20 dollars dans les prochains mois, soit une chute de 50% du prix par rapport à aujourd'hui. Car il ne faut pas mésestimer la faible croissance économique de 2003. Si on enlève les éléments inhérents à l'Irak, c'est en effet la croissance économique, donc la demande, qui détermine le prix du pétrole."
Quelles valeurs favorisez-vous ?
"Nous privilégions TotalFinaElf qui a une capacité à croître. Le cours n'a pas vraiment reflété la hausse du pétrole des derniers mois. Par ailleurs la crainte que le groupe soit écarté des futurs marchés en Irak a sans doute beaucoup pesé sur le titre, ce qui nous semble un scénario très pessimiste. Du côté des parapétrolières, nous sommes plus prudents. Nous avons longtemps été positif sur Geophysique mais l'entreprise travaille sur des marchés extrêmement difficiles. Quant à Technip-Coflexip, il y a énormément de survaleurs dans les bilans après le rachat d'Isis et la fusion qui a donné naissance au groupe. En dehors du contexte actuel, il existe peut être également quelques opportunités spéculatives sur Esso France, que la maison-mère américaine Exxon, pourrait définitivement racheter dans les prochains mois."